La Forêt et le Tsingy d'Analalava
Section : News
GENERALITE
La forêt d’Analalava se trouve à cheval dans les Fokontany de Rangainomby, Besaka, Bengy, Antanatsimira de la Commune rurale d’Ankiliabo et dans les Fokontany de Somenda, Vatolampy, Ianadranto de la Commune rurale de Beharoana, dans le District de Manja. Elle est délimitée par 388815 et 406428 puis les latitudes 7587124 et 7621994 (projection UTM 38 K). Les villages sont accessibles par piste charretière à partir d’Ankiliabo, de Beharoana, de Bevoay et d’Ambiky. Pour ce dernier, il faut traverser par pirogue le fleuve Mangoky qui longe le site dans la partie sud-est et sud.
Du point de vue climatique, la région est du type semi aride. La précipitation annuelle moyenne est de 700mm. La saison déficitaire en pluie est très marquée avec 6 à 10 mois éco sec. La température moyenne interannuelle est supérieure à 25°C. Les précipitations moyennes interannuelles sont de 558mm à Ankiliabo, 875mm à Manja et de 496mm à Morombe.
La topographie se présente sous forme d’une série de plateaux partant des zones alluviales jusqu’au plateau calcaire central, dont la hauteur maximale s’élève à 390m (Ambohitra). Si la montée est plus ou mois progressive à l’ouest et à l’est, elle est un peu plus brusque au sud-est. A propos des sols, on distingue des sols alluviaux, des sols arénacés, des sols ferrugineux et surtout, des sols calcaires incluant les « tsingy ».

Une partie supérieure des Tsingy
La forêt est de type forêt dense sèche décidue série à Dalbergia, Commiphora et Hildegardia. Suivant le type de sol, on distingue des Prairies, Savane arbustive, Forêt ripicole, Forêts denses sèches décidues.
Les « Tsingy », sont le résultat d’une intense érosion causée par la pluie. Ce sont des paysages karstiques disséqués, avec des plateaux calcaires, des pics, des dalles, des canyons, des crevasses et des grottes associés à des formations typiques comme les pinacles, les gours et les aiguilles calcaires.
FLORE
Du point de vue floristique, 57 espèces reparties dans 28 familles sont connues durant les observations préliminaires. On dénote une tendance générale à la xérophilie, la caducité totale ou partielle des feuilles, la réduction de la taille des feuilles, la crassulescence, la pachycaulie, la spinescence et l’aphyllie. On peut citer entre autres, Euphorbia spp et Aloe spp (plantes crassulescentes), Adansonia spp, Adenia firingalavensis, et Uncarina spp (plantes pachycaules), Euphorbia spp et Pachypodium sp (plantes spinescentes), et Vanilla decaryana (plantes aphylles).
Force est de signaler l’abondance des Urera acuminata, plante dont les feuilles sont dotées de poils urticants.
FAUNE

Lepilemur ruficaudatus
Six espèces de lémuriens sont recensées dont 3 diurnes (Lemur catta, Eulemur rufifrons, Propithecus verreauxi) et 3 autres nocturnes (Lepilemur ruficaudatus, Cheirogaleus medius, Microcebus murinus_). Elles sont tous endémiques de Madagascar. Sur le plan conservation UICN, Lemur catta et Propithecus verreauxi sont Vulnérables (VU), tandis que Eulemur rufifrons et Lepilemur ruficaudatus sont Quasi menacées (NT).
Les autres mammifères observés sont Potamochaerus larvatus, Cryptoprocta ferox, Echinops telfairi, et Setifer setosus. Les espèces Cryptoprocta ferox, Echinops telfairi, et Setifer setosus sont endémiques de Madagascar. Sur le plan conservation UICN, Cryptoprocta ferox est En danger (EN).
Une soixantaine d’espèces d’*oiseaux* reparties dans 30 familles sont recensées dans l’ensemble de la zone étudiée. Les résultats sont marqués par la présence d’espèces typiques de l’ouest (Coua coquereli, C. ruficeps, C. gigas), mais aussi celles du sud (Thamnornis chloropetoides, Newtonia archboldi). Parmi ces espèces, 32 sont endémiques de Madagascar, 20 autres endémiques régionales et 1 endémique nicheuse. Sur le plan conservation UICN, Accipiter henstii est Quasi menacé (Nt).

Leioheterodon madagascariensis
Une vingtaine d’espèces de reptiles reparties dans 6 familles sont recensées dont Furcifer antimena, F. oustaleti, F. verrucosus (Chamaeleonidae), Oplurus cyclurus, O. grandidieri, Chalarodon madagascariensis (Iguanidae), Zonosaurus laticaudatus, Tracheloptychus petteri (Gerrhosauridae), Trachylepis elegans, T. gravenhorstii, T. nancycoutuae, T. dumasi (Scincidae), Hemidactylus frenatus, Paroedura bastardi, Lygodactylus tolampyae, Phelsuma mutabilis (Gekkonidae) et Leioheterodon madagascariensis, L. modestus , L. geayi , Ithycyphus oursi , Dromicodrias bernieri , Mimophis mahfalensis (Colubridae). Toutes ces espèces sont endémiques de Madagascar. La prédominance des espèces prospérant aux endroits aride et rocheux comme Oplurus spp. et Trachylepis spp, est très significative ; pourtant quelques espèces des zones centrales existent aussi, comme Trachylepis nancycoutuae connue dans la région d’Isalo ou encore Oplurus grandidieri connue dans le centre sud de Madagascar. La région est donc une zone de chevauchement de distribution des espèces littorales et centrales.
Trois espèces d’ amphibiens Boophis doulioti, Mantella sp. Aff. Expectata (Mantellidae) et Ptychadena mascareniensis (Ptychadenidae) sont observées durant la mission. Elles sont endémiques de Madagascar. En matière de conservation, Mantella sp. Aff. Expectata est data deficient (D.D.).
Les données recueillies jusqu’à présent sont considérées comme préliminaire. La liste d’espèces est loin d’être complète ; d’autres espèces sont encore à découvrir lors des prochains travaux.
LES ACTIVITES A REALISER
Au niveau des « Tsingy »: au cours des mois à venir se porteront sur l’Inventaire biologique, l’Etude pédologique et géologique y compris la prospection des grottes, la Prospection de la partie occidentale d’Ambotaka, la Création d’aires de camping, la Création des pistes d’observation, la mise en place des sites pour les suivis et le début des Suivis écologiques.

