Aspect Socio-économique
Section : Site d'Intervention
Parent : Tsitongambarika
Dans la même catégorie :
La Biodiversité.
III. ASPECT SOCIO-ECONOMIQUE
III.1. Population:
D’après la base de donnée de CGDIS en 2001, Anosy compte 360 000 habitants, soit 162 500 dans la sous-préfecture d’Amboasary (densité de 16/km2) et 197 500 dans celle de Fort-Dauphin (densité de 33/km2)

Par rapport à l’histoire d’immigration dans la région il faut néanmoins mettre en évidence la différence entre le versant Est et Ouest. Les habitants versant Est sont venus des régions côtières au nord de l’Anosy, tandis que les populations vivant dans la partie Sud – Sud Ouest sont plutôt originaires des hautes terres malgaches (ethnies Betsileo et Bara). Les immigrants plus récents et actuels viennent principalement de l’extrême sud de Madagascar et appartiennent majoritairement à l’ethnie des Antandroy.
La majorité des habitants sont donc des immigrants, mais la plupart des habitants se considèrent aujourd’hui comme appartenant à l’ethnie Antanosy.
En quelques sortes, cet historique d’immigration a des conséquences sur les systèmes de production.
Dans le versant Ouest, attiré par des vastes pâturages pour le cheptel bovin au début, ils sont devenus progressivement des agriculteurs. Le sol y est de très bonne qualité.
III.2. Activités:
a. L’Agriculture:
Le système de production dépend des conditions du milieu naturel (climat, sol..), on peut distinguer: les cultures vivrières et les cultures de rente. Concernant les défrichements il faut en outre distinguer le tavy et le hindy.
1.Cultures vivrières: Les cultures vivrières sont destinées à l’autoconsommation. Les principales cultures vivrières dans la région sont le riz (irrigué et pluvial), le manioc et la patate douce. Ces cultures sont pratiquées avec des outils manuels simples. En cas de surproduction, de problèmes sociaux ou de besoin immédiat de produits de première nécessité les produits de culture vivrière sont également vendus.

La riziculture reste l’activité principale de la population de la zone car elle constitue la base de l’alimentation. La culture se fait à deux reprises dont la saison varie selon le lieu.
Le manioc constitue aussi l’une des principales cultures pratiquée. C’est une plante à très long cycle végétatif (6 à 18 mois), adaptée aux conditions climatiques locales. Il permet de réduire les effets de la période de soudure. Il est cultivé dans les forêts en culture sur brûlis. La patate douce représente un appoint alimentaire pendant la période de soudure dans la zone. Elle fait aussi l’objet d’une commercialisation assez importante.
2.Cultures de rente: Les cultures de rente sont destinées à la vente sur les marchés le long de la côte et dans les chefs lieux de Commune comme Mahatalaky et Ranomafana. Les cultures de rente les plus importantes sont le café, la canne à sucre, la banane et les différents fruits. Le café à toutefois perdu de son importance suite à la chute sensible des prix et la détérioration des infrastructures routières. La canne à sucre est le plus souvent vendue sous forme de rhum fabriqué localement.
3.Tavy: Le terme tavy désigne les nouveaux défrichements. En première année les paysans y cultivent du riz pluvial, du manioc, et de la banane. En deuxième et troisième année les cultures se réduisent au manioc et le tavy est ensuite mis en jachère.
4.Hindy: Le terme de Hindy désigne les anciens défrichements mis en culture après la période de jachère. La végétation secondaire qui s’y est installée pendant cette période est défrichée par brûlis et les paysans y cultivent habituellement du manioc. Les techniques culturales restent traditionnelles. Le paysan n’apporte aucun fertilisant au sol, seul le compost est utilisé comme engrais. Le paysan craint beaucoup les prédateurs comme les sangliers, les petits oiseaux et les criquets.
b. L’Elevage:
1. Bovin: L’élevage le plus important dans la zone de Tsitongambarika est sans doute celui des bovins. Le zébu tient une place très importante dans la vie des populations rurales.

Le bovin est signe de richesse et de statut social et sacrifié uniquement à l’occasion de cérémonies particulières comme les mariages, les enterrements ou les circoncisions. En outre les bovins sont utilisés pour assurer le piétinage (labour) des rizières irriguées juste avant le repiquage. Suite à différentes maladies et le manque de pâturages, le cheptel bovin est en train de diminuer dans de nombreux villages.
L’élevage bovin en ce temps était de type extensif et contemplatif, actuellement, la tendance va vers une timide diversification de l’élevage : porcin et volailles.
2. Volailles: L’élevage des volailles est pratiqué par la majorité des ménages de la région. Les espèces les plus fréquentes sont les poules et les canards, mais des oies peuvent également être observées dans certains villages. Cet élevage fournit les repas lors des travaux dans les rizières et si le ménage reçoit des visiteurs, et en cas de besoin d’argent (médicaments, vêtements) les volailles sont vendues. Le coq tient en outre une place centrale dans les cérémonies de mariage des Antanosy.
3. Porcins: L’élevage porcin est principalement une source de revenu. Suite aux maladies, mais également à cause des conflits créés par la divagation des porcs au détriment des cultures agricoles le cheptel porcin diminue.
4. Apiculture: Bien que des techniques modernes aient été vulgarisées par différentes organisations, l’apiculture est pratiquée le plus souvent de manière traditionnelle. Mais dans la Commune Rurale de Fenoevo et de Mahatalaky on a constaté des paysans qui ont pratiqué l’apiculture avec la technique moderne.
c. La pêche:
La pêche continentale se pratique le long du versant Nord Est de Tsitongambarika. Les pêcheurs utilisent les pirogues monoxyles. Le matériel de pêche est constitué par le filet. Les espèces sont surtout constituées par des langoustes et des sardines. Le fumage et le séchage constituent les méthodes de traitement de poisson le plus couramment utilisé.
Pendant la campagne des langoustes, les prix varient de sept mille Ariary à neuf mille Ariary le kilo. Les collecteurs longent la RN 12a, il n’est donc pas difficile de les vendre.


